Qui est en ligne

Il y a actuellement 26 invités en ligne
La sismicité aux Antilles Suggérer par mail

Si le séisme du 8 février 1843 a causé la mort de 1500 personnes et en a blessé 2200, les seules manifestations notables récentes ont été :

  • le séisme du 21 novembre 2004 (dit séisme des Saintes), durant lequel une victime a été déplorée, et seuls des dégâts matériels très localisés ont été relevés
  • le séisme de Martinique du 29 novembre 2007, provoquant des dégâts métériels modérés mais parfois spéctaculaires, et étendus sur la majeure partie du territoire.

Par conséquent, le souvenir du risque réellement encouru est un peu estompé dans les mémoires. Cependant, les phénomènes géologiques mis en jeu s'étalent sur plusieurs millions d'années, et les causes d'une sismicité forte aux Antilles n'ont pas disparues durant la courte accalmie (à l'échelle géologique) que nous vivons actuellement.

Image

L'ORIGINE DE LA SISMICITE

La sismicité des Antilles trouve sa source dans la subduction de la plaque Amérique qui s'enfonce sous la plaque Caraïbe :

Image

Le mouvement de convergence des plaques varie selon les auteurs de 1,5 à 3,7 cm/an. Ce mouvement a débuté il y plus de 38 millions d'années, formant les premières îles de l'arc antillais, les dernières datant d'environ 7 millions d'années.

Les frottements et les contraintes en jeu à la zone de contact des plaques sont considérables. Les matériaux résistent au mouvement en se comprimant. Régulièrement se produisent des ruptures violentes, dont le mécanisme est comparable au relâchement brusque d'un ressort. C'est l'énergie dissipée à ce moment qui est ressentie sous forme de séisme.

Ces mouvements sont tous dûment attestés par la géologie régionale. La réalité de la subduction est, entre autres, corroborée par la sismologie régionale, relevée par l'Observatoire Volcanologique de la Soufrière, dépendant de l'Institut de Physique du globe de Paris.

La localisation des séismes détectés par l'observatoire sur une coupe verticale est-ouest correspond bien à la zone de contact des plaques. A titre d'exemple, la figure ci-dessous répertorie ces données pour l'année 1984 :

Image

LA REALITE DE LA SISMICITE

L'Observatoire Volcanologique de la Soufrière détecte en moyenne 490 séismes régionaux (épicentre à moins de 450 km) par an, dont la plupart ont une magnitude locale (celle mesurée au droit de l'observatoire) inférieure à 4,0. Cette dernière valeur correspond environ au seuil de perception par l'homme.

Dans la période 1979-1984 on a dénombré :

  • 19 séismes de magnitude locale égale à 5,0
  • 7 séismes de magnitude locale égale à 5,5
  • 1 séisme de magnitude locale égale à 6,0.

A titre d'exemple, la carte ci-dessous indique la position des épicentres régionaux relevés pour la seule période 1999 - 2006 :

Image

Parmi les données relatives aux séismes de la région, celles répertoriées par les historiens, ré-interprétées par les sismologues peuvent nous éclairer. Ainsi on peut établir une liste des fortes secousses de la Guadeloupe depuis 1690 :

Liste des fortes secousses de la Guadeloupe

Magnitude

Intensité

1690

16.04

7.5

VI à IX ?

1702

septembre

7

VI

1735

27.07

6.5

VII

1810

02.08

6.5

VII

1839

11.01

7.5

V à VI

1843

08.02

8

IX

1843

6 secousses du 08.03 au 24.06

5.5 à 6.5

VI à VII

1845

17.12

6.5

VI

1851

16.05

7

VII

1897

29.04

7

VIII à IX

1897

20.05

6.5

VII

1914

03.10

7.4

V à VI

1966

13.11

5.5

VI

1967

24.12

6.1

VI

1969

25.12

6.4

VI

1974

08.10

6.4

VI

1985

16.03

6.0

VI

Concernant les dégâts causés, on retiendra le " record " du séisme majeur du 8.02.1843, qui a causé la mort de 1500 personnes, et en a blessé environ 2200, particulièrement dans l'agglomération pointoise. Ce séisme a été ressenti de la Floride au Venezuela.

Rappelons que le tableau ci-dessus concerne une période de 300 ans, correspondant au peuplement européen de l'île, et que cette période est à comparer avec les 38 millions d'années depuis lesquelles le phénomène est initié.

A cette échelle, le " calme sismique " du 20ème siècle n'en est que plus relatif.

Il est donc très vraisemblable que la Guadeloupe puisse encore subir une secousse sismique majeure, d'intensité IX, (ou magnitude 8).

Malheureusement, aucune mémoire ne témoigne plus aujourd'hui d'une telle catastrophe, ce qui a pour effet une tendance collective à ignorer le risque.

Même en France métropolitaine, où les données disponibles s'étalent sur une période beaucoup plus longue, le dernier séisme d'intensité X est relevé en 1750 à Bigorre, et le dernier séisme d'intensité IX est celui de Salon-de-Provence en 1909 (magnitude 6,2), qui a causé 43 morts et 200 blessés.

EFFETS PREVISIBLES

On peut tenter de comparer le risque encouru en Guadeloupe à des séismes historiques ayant eu lieu récemment dans le monde, dans des pays ou la qualité de la construction, quoique très dispersée, pourrait être comparable (constructions en béton armé et en maçonnerie parfois parasismiques, parfois non parasismiques) :

Date

Lieu

Magnitude

Morts

Blessés

10.10.80

El Asnam (ALGERIE)

7.3

3 500 à 20 000

?

19.09.85

Mexico (MEXIQUE)

8.1

Env. 30 000, dont 5 000 à Mexico-city

?

07.12.88

Spitak (ARMENIE)

6.9

25 0000

?

17.10.89

San Francisco (USA)

7.1

67

3 757

17.01.94

Los Angeles (USA)

6.6

55

9 000

17.01.95

Kobe (JAPON)

6.9

5 502

36 896

17.08.99

Izmit (TURQUIE)

7.4

Env. 40 000

Env. 30 000

13.01.01

SALVADOR

7.4

1 159

8 122

26.01.01

Bhuj (INDE)

7.5

Plus de 20 000

Plus de 200 000

La comparaison avec la Guadeloupe devrait bien entendu se faire en intégrant les densités de population relatives. En l'absence de données plus précises, rappelons simplement qu'en Guadeloupe :


Il se construit environ 2 000 à 3 000 maisons individuelles par an, dont plus de la moitié sans l'aide d'architectes ni de bureaux d'études, et en dehors de toute considération parasismique,


Les bâtiments publics et de logements collectifs construits avant 1970 ont été conçus sans aucune considération parasismique. Selon un dénombrement de la DDE, 5 557 logements collectifs sont concernés


Les bâtiments construits entre 1970 et 1982 l'ont été avec application des règles PS-69 dans leur première mouture, jugées obsolètes suite aux dégâts constatés lors du séisme d'El Asnam en Algérie en 1980,


Les bâtiments construits entre 1983 et 1998 l'ont été avec l'application des addenda 1982 au PS-69, et l'on peut considérer qu'ils offrent une résistance parfois insuffisante mais globalement satisfaisante, à diagnostiquer au cas par cas,
Seuls les bâtiments construits en application du règlement PS-92, depuis 1998 sont susceptibles d'offrir une sécurité suffisante vis à vis d'un séisme de magnitude 8 à 9 en Guadeloupe.

Définitions :

Magnitude et Intensité :

Ces deux caractéristiques d'un séisme sont souvent confondues. La magnitude (communément désignée par l'échelle de Richter), est représentative de l'énergie dissipée à l'épicentre. Les ingénieurs utilisent l'échelle d'intensité, qui est représentative des effets causés en surface. Cette échelle n'est donc pas liée à la précédente, puisque les effets en surface dépendent de la profondeur de l'épicentre et de la constitution des sols.

Ainsi, la description d'un séisme par sa magnitude sur l'échelle de Richter ne fournit-elle que peu de renseignements sur ses effets réels sur les constructions.

Echelle des intensités :

Il existe plusieurs échelles d'intensité, dont l'échelle MSK 1964, qui est celle utilisée réglementairement. Elle se résume sommairement comme suit :

IV

largement ressenti en intérieur, ressenti par quelques personnes en extérieur

V

réveil des dormeurs, renversement d'objets

VI

frayeur, déplacement de mobilier lourd

VII

fissuration des plâtres dans les constructions en béton armé, difficulté à rester debout en extérieur, vagues sur l'eau

VIII

fissuration des murs en béton armé, chute de mobilier lourd, effondrement partiel des constructions en parpaings, fissures de plusieurs centimètres de largeur dans les sols

IX

brèches dans les murs en béton armé, effondrement partiel à total des constructions en parpaings, effondrement partiel de certaines constructions en béton armé, destruction de remplissages et de cloisons, crevasses de 10 cm de largeur dans les sols, chute de monuments et de rochers, nombreux glissements de terrain

X

effondrement total des constructions en parpaing, effondrement partiel et quelquefois total des constructions en béton armé, crevasses de 1 m de large dans les sols, dommages sévères aux ponts

XI

effondrement quasi total de toutes les constructions, destruction des ponts, routes et canalisations, terrain considérablement déformé

XII

effondrement total de toutes les constructions, changement de paysage et de topographie

D'après un rapport réalisé par le BET HAUSS pour le compte de l'un de ses clients,
sources bibliographiques : "Macrosismicité de la Guadeloupe et de la Martinique" par M. FEUILLARD - GEOTER – BRGM - IPGP

Dernière mise à jour : ( 10-02-2008 )
 

Flash info

Image
La tour de contrôle de l'aéroport Pôle Caraïbes prend forme.

Lire la suite...
 

Sondage

Pour vous le rôle de l'ingénieur est
 
Site réalisé par STUDIO971